Je sais que tu n'aimes pas que l'on t'écrive. Désolée.
Tu n'aimes pas non plus les cadeaux de Noël, je m'excuse donc de t'en avoir fait un. Je dois aussi m'excuser de t'avoir menti... Je ne fais pas de cadeaux à tous les gens que j'aime, mais seulement à ceux que j'aime particulièrement ou que je veux remercier. Seulement toi, tu es dans les deux catégories.
Si je devais commencer à parler de toi, il y aurait tellement de choses à dire que je ne saurais où commencer. Mais commençons, c'est pour tout remettre en ordre que j'ai décidé de t'écrire, sans que tu ne reçoives jamais mes mots.
La première fois que je t'ai vu, je pensais que tu étais banal et sans intérêt. J'en suis ensuite venue à te connaître, et là, tu m'as totalement fasciné. Je voulais te connaitre, savoir pourquoi tu étais aussi
méchant voire cynique... et aussi autant extraordinaire. Le temps passant, j'ai su que tu n'étais pas méchant, mais la personne la plus gentille au monde. Ta méchanceté n'est jamais gratuite et uniquement là pour aider les autres, ceux que tu apprécies. J'ai commencé à croire que tu me ressemblais, mais que tu étais mille fois mieux que moi dans le sens où toi, tu étais parfait. J'ai cru que tu ne m'aimais pas, voire me détestais. Je me disais que ce n'était pas grave, je pouvais quand même apprendre à te connaître mieux.
Tu ne parles jamais de toi, tu préfères écouter les autres. Tu préfères laisser ta vie défilée et te laisser porter par le courant. Tu n'acceptes pas que d'autres puissent penser comme toi et préfèrent t'écouter au lieu de te parler. Tu es aussi drôle et franc. Tu es sans doute beaucoup plus compliqué que ça, mais je ne trouve pas forcémement mes mots.
J'ai fini par beaucoup t'apprécier. J'avais hâte de te voir le matin, je voulais rester vers toi quand je le pouvais. Et puis, un jour où j'allais très mal, tu m'as remontée le moral, tu m'as consolée. Tu es vraiment gentil bien que tu prétendes le contraire, du coup, je ne suis pas sûre que tu l'aies fait exprès. Peu importe, non ? C'est là que j'ai découvert deux choses : tu es la première personne à réussir à me faire rire quand je suis ailleurs ou vraiment mal, et puis je suis amoureuse de toi. Je voulais sincèrement te remercier mais je ne savais pas comment, ni même si tu t'en étais rendu compte. Enfin, bref.
Je sais qu'au mieux, tu me considères comme une amie de passage, et au pire, comme une connaissance que tu apprécies vaguement. D'ailleurs, lorsque tu m'as plus ou moins forcée à m'expliquer sur mon comportement et donc je te l'ai avoué, l'ai eu l'impression que tu t'en fichais sincèrement. Tout ce que tu as trouvé à dire, c'était "merci de m'en avoir parlé"... ou quelque chose dans ce goût-là. Je ne sais pas à quoi je m'attendais : un franc "heu, désolé..." ou peut-être que tu m'évites. Qui sait ?
J'ai continué à te voir régulièrement, mais je n'osais plus vraiment te parler ni agir avec toi comme j'aurais aimé le faire, même en tant qu'amie. Ca m'a perturbée de tout le temps réfléchir à que dire ou non... et en même temps, je voulais encore plus te connaître. En même temps, je ne pouvais pas empêcher (et je ne peux toujours pas) mon coeur de battre plus vite dès que je t'apperçois ou que je pense à toi.
Ainsi, depuis quelques jours, j'appréhende de te voir, mais tu finis toujours par me faire me sentir bien et je suis tout simplement contente d'être à tes côtés. Je me suis souvent sentie idiote et d'ailleurs je n'ai beaucoup changé à ce sujet, mais je sais que je suis devenue très dépendante de toi. Encore plus que de H. et O. qui comptent énormément pour mon moral et à qui je parle pourtant plus qu'à toi.
Récemment, j'ai eu le sentiment de te déranger : j'aimerais te plaire (pas dans le sens de
séduire mais dans le sens où je voudrais que tu m'apprécies pour ce que je suis) mais je ne pense pas y arriver. Du coup, j'aimerais souvent m'effacer, mais c'est, bien sûr, plus facile à dire qu'à faire (car un peu douloureux).
A un moment, j'avais envie de te protéger mais aussi que tu me protèges. Bien évidemment, les deux choses sont aussi absurdes l'une que l'autre... Mais peu importe, je m'y rattache encore, parfois. Juge de mon idiotie par toi-même !
Parfois, j'aimerais t'enlever de mes pensées : les sentiments que j'ai sont si niais, surtout si on considère qu'ils ne t'affectent pas le moins du monde. Enfin, c'est comme ça que je vois les choses. Mais j'aime beaucoup que le fait d'être loin de toi (dans le temps ou dans l'espace) me rende parfois le moral : j'imagine (très bien, je dois dire) ce que tu dirais par exemple. Il n'y a que quand je suis dans la même ville que toi que je souffre de présence ou de ton absence, sauf dans les moments où tu me rends joyeuse avec quelques blagues ou quelques répliques bien senties, même si je suis la personne visée.
Ce dont je rêve, c'est que tu te rendes compte que mes sentiments sont en réalités réciproques, même si je suis persuadée qu'il n'y a aucun moyen que ce soit vrai. J'y crois sans y croire vraiment, tu en deviendrais presque un fantasme.
En conclusion de cette lettre que tu ne liras jamais, je voudrais te dire que j'aimerais bien que tu considères que tu es
aimable (dans le sens "qui mérite d'être aimé"). Regarde bien autour de toi : tout le monde t'aime et j'en suis heureuse (et non jalouse, comme je l'aurais cru). Si jamais l'estime qu'on a de soi est importante, je vodurais que tu en aies une plus haute de toi. Tu le mérites sincèrement. Même si ce que je ressentais pour toi était seulement de l'amitié, je le penserais quand même. Tu es admirable, mais là, ça tient peut-être de mon idéalisation. Il n'empêche que j'aimerais blesser les gens qui, eux, t'ont un jour blessé à cause de ta gentillesse, en en profitant tout simplement.
Je pense que je suis égoïste, mais dans le fond, qui ne l'est pas un peu ? Si seulement je savais ce que tu pensais de moi, ça m'aiderait certainement à changer de conportement envers toi et même envers moi-même. J'ai peur de me perdre dans mon amour brouillon... Oui, mais. C'est la première fois que j'aime quelqu'un de cette façon. Je n'ai pas envie de rester inexpérimentée toute ma vie parce que je n'arrive à aimer que des gens qui sont trop
biens pour moi et ne peuvent pas possiblement m'aimer en retour. Je n'ai pas envie de perdre l'amour que je te porte, en ce moment, c'est une des choses les plus précieuses que j'ai. Alors je me tairai... et ferai semblant d'être tout à fait heureuse. Ce n'est pas impossible, ça.
En tout cas, jamais je ne deviendrai hypocrite et je jure solennellement, même si tu ne le sais pas, que je répondrai sincèrement à toutes les questions que tu me poseras. Je crois que de toi, je pourrais tout supporter : méchanceté sincère, critique, exclusion, des ordres... ou je ne sais quoi encore.
(J'espère pouvoir un jour plus te ressembler.) Heureusement que tu n'auras pas cette lettre, en fait, je crois que tu pourrais avoir peur de ce que les gens peuvent penser de toi ! J'imagine bien ta réaction, et ça me fait sourire.
Encore une fois : merci et désolée.
Une personne que tu n'aimes pas spécialement.